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Portraits de grandes femmes de Martinique

Découvrez les portraits de quelques grandes martiniquaises au parcours emblématique, et, dont le rayonnement dépasse largement nos frontières.

PAULETTE NARDAL

Paulette Nardal ©A. Lecurieux

Paulette Nardal ©A. Lecurieux

En Martinique, le fait de revendiquer ses racines noires africaines a eu jusqu’au milieu du 20e siècle un parfum de scandale. Issue d’une famille bourgeoise martiniquaise, Paulette Nardal a véritablement marqué une époque où l’on ne parlait pas encore de négritude et préfigure le mouvement féministe martiniquais.

Née en 1896, à Saint Pierre, Paulette Nardal est l’aînée d’une fratrie de 7 soeurs. Son père Paul, fut le premier ingénieur noir martiniquais ; Véritable modèle pour ses filles, il leur donne le goût du travail et de la Culture. Fidèle à son brillant héritage, Paulette fut la première femme noire admise à la Sorbonne, puis la première journaliste noire à Paris. Elle se rapproche alors des écrivains afro-américains vivant dans la capitale.

Femme de lettres avant tout, elle organise, dans l’appartement qu’elle partage avec deux de ses sœurs, des salons autour du même thème, "les Cultures noires". Ces rencontres rassemblent les plus grands intellectuels de la diaspora noire : africains, antillais, américains.

En 1931, Paulette, sa sœur Andrée et le Haïtien Léo Sajous fondent "La revue du monde noir". Rédigé en anglais et en français, ce journal va devenir la voix des Noirs de tous horizons, qui revendiquent leur spécificité et refusent la vision réductrice qui justifie leur colonisation par leur « absence évidente de civilisation ». Parmi les plumes de La Revue du Monde Noir, on retrouve entre autres les écrivains noirs américains Claude McKay et Langston Hughes, ainsi que le Sénégalais Léopold Sedar Senghor. Faute d’argent, la parution du journal s’achève au bout d’un an.

En 1939, elle décide de retourne d’installer dans son île natale et, malgré les risques encourus « rentre en dissidence » en proposant des cours d’anglais aux jeunes résistants antillais qui répondent massivement à l’appel du Général de Gaulle.

A la fin de la guerre, elle crée le Rassemblement féminin pour inciter les femmes à s’impliquer plus activement dans a vie publique, notamment grâce au droit de vote qu’elles viennent d’obtenir.

Militante ardente, c’est aussi une musicienne passionnée. En 1948, elle rédige avec sa sœur Alice, un historique de la tradition musicale des campagnes martiniquaises. Elle estime que le "Bèlè" et le "Adja" doivent retrouver leurs places dans la musique antillaise.

Infatigable activiste, elle meurt le 16 février 1985 à 89 ans. On retiendra de cette femme élégante et brillante, la célèbre maxime qu’elle n’a cessé d’enseigner à ses élèves ou à la population : "Black is beautiful"

JOCELYNE BEROARD

Jocelyne Beroard © Gilles Delacroix

Jocelyne Beroard © Gilles Delacroix

Née à Fort de France, Jocelyne Beroard se passionne très tout pour la Musique et l’Art en général. Après des études aux beaux Arts à Paris, elle est introduite dans le milieu de la musique par son frère musicien. Elle devient choriste professionnelle pour divers groupes de la Caraïbes.

En 1983, elle rejoint définitivement le célèbre groupe Kassav’, fondateur du Zouk. Trois ans après, elle sort son premier album solo, « Siwo »qui remporte un immense succès : Double disque d’or, la plus grosse vente de tous les temps pour un disque féminin aux Antilles. Pour la première fois, une femme chante les joies, les désirs, les peines et les frustrations des Antillaises. Elle est aussi la première femme depuis longtemps à réussir à s’imposer dans un milieu plutôt machiste. Son succès entraîne l’éclosion de toute une génération de chanteuses.

Fidèle au groupe Kassav’, elle accumule dès lors des disques d’or et de platine, des récompenses et trophées. En 1999, le groupe fête son 20ème anniversaire lors d’une tournée triomphale à travers le monde. En 2001, elle s’installe définitivement en Martinique, mais continue sa brillante carrière de chanteuse.

Artiste aux multiples talents, Jocelyne, participe à deux long métrage : « Siméon », en 1992, réalisé par la célèbre cinéaste martiniquaise Euzhan Palcy, et Neg marron en 2005 qui connaît un grand succès.

Marraine de l’association « Enfance et partage », cette artiste au grand cœur mène une brillante carrière depuis plus de 20 ans pour notre plus grand plaisir…..

En savoir plus sur Jocelyne Beroard : Voir son site officiel

EUZHAN PALCY

Euzhan Palcy © Guy d’Alema

Euzhan Palcy © Guy d’Alema

Elle a à peine 10 ans, mais Euzhan Palcy se passionne déjà pour le cinéma. Elle hante régulièrement les salles obscures de l’île, où elle découvre avec admiration l’œuvre de grands réalisateurs comme Fritz Lang, Alfred Hitchcock, Billy Wilder ou Orson Wells.

Précoce, elle réalise a 17 ans à peine, son premier film « La messagère » pour la télévision française. Parallèlement, elle entame ses études à Paris où elle obtient sa maîtrise de théâtre et Littérature et un diplôme d’Art et archéologie. Elle étudie également l’école Louis Lumière où elle se spécialise comme directeur de la photographie.

Mais Euzhan a une ambition, une obsession même, réhabiliter l’image de l’homme noir, dont la mauvaise représentation au cinéma, la révolte.

Elle décide alors de porter à l’écran, le célèbre « rue Cases Nègre » de l’écrivain martiniquais Joseph Zobel, dont elle a fait son livre de chevet depuis l’âge de 14 ans. Aidé par François truffaut, qui décèle très vite l’immense talent de la jeune femme, elle réalise le film éponyme du roman de Zobel. Le film sort sur les écrans en 1983, Euzhan a 24 ans.

Le succès est immédiat. Le film obtient plus de 17 récompenses internationales dont le césar de la meilleure première œuvre et lion d’argent à la Mostra de Venise.

Fidèle a son tempérament fonceur, la jeune femme s’attaque à un nouveau projet ambitieux ; L’adaptation de l’œuvre marquante de la littérature contemporaine : Une saison blanche et sèche de l’écrivain sud-africain André Brink raconte son pays déchiré par l’apartheid et le racisme.

Sa notoriété est telle, que le film est produit par Hollywood et rassemble un casting prestigieux : Susan Sarandon, Marlon brando, Donald Sutherland notamment. Une fois de plus, la critique salue le talent de la réalisatrice et le film obtient un immense succès.

Cette surdouée du cinéma, s’affranchit de la barrière des genres et réalise aussi bien des longs métrages, des téléfilms, documentaires et même des films d’animation. Une seule constance dans son œuvre : une qualité jamais démentie et la même passion à faire vivre ces projets.

En savoir plus sur Euzhan Palcy : Son site officiel

AUDREY CAKIN

C’est en mai 1984 que naît Audrey Cackin, la petite dernière d’une fratrie de 4 enfants. Frappée d’une maladie congénitale, la petite fille perd l’usage de ses membres inférieurs. Courageuse et obstinée, elle prend cette épreuve avec philosophie et décide que ce handicap ne lui gâcherait pas la vie.

Enfant, elle intègre avec bonheur une école spécialisée pour les personnes à mobilité réduite ce qui lui permet de poursuivre sa scolarisation sans problème majeur. De son propre aveu, la mise en place de telle structure spécifique apporte, contrairement aux idées reçues, un réel bénéfice aux personnes handicapées et elle milite aujourd’hui activement pour la multiplication de ce genre d’institution.

A l’adolescence, Audrey et sa famille reviennent s’installer en Martinique. Après quelques mois d’adaptation, la jeune fille fait, une fois de plus, la démonstration de sa force de caractère et réussit son intégration dans une école classique. Elle obtient sont baccalauréat puis son BTS avec mention avec un seul objectif : changer le regard des gens sur le handicap.

Véritable boule d’énergie, la jeune femme se défoule dans le sport. Elle pratique tout ce qui lui est possible par rapport à son handicap (tir à l’arc, du tennis de table, de l’haltérophilie, du basket...) et s’efforce d’exceller dans chacune de ces disciplines.

Repérée par son entraîneur, il l’inscrit aux Jeux de l’Avenir (compétition sportive des moins de 20 ans) où elle concoure dans pas moins de 5 disciplines.

A 20 ans, elle se spécialise dans l’athlétisme et obtient 3 titres de championne de France handisport sur le 100, 200 et 400m. En 2006, elle obtient le prix de la meilleure sportive de l’année.

Fonceuse, Audrey n’a qu’un désir prouver que le handicap moteur n’est pas une fatalité, et comme elle le dit elle-même : « Dans la vie on avance, on ne recule pas ! ».