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L’iguane des petites antilles, une espèce rare et protégée

Iguane sur l’îlet Chancel

Parmi toutes les espèces endémiques présentes à la Martinique, l’iguane des Petites Antilles suscite curiosité et fascination, parfois teintées d’une légère appréhension. La visite de l’îlet Chancel, au large de la commune du Robert est l’occasion rêvée pour observer ce drôle de reptile, aux allures préhistoriques dont la taille peut atteindre jusqu’à 1m50.

Il existe aux Antilles deux espèces d’iguanes :
l’iguane commun (« iguana iguana ») et l’iguane des Petites Antilles (« iguana delicatissima »). L’iguane commun est originel d’Amérique centrale et du nord de l’Amérique du Sud, on le nomme aussi « iguane vert ».

La seconde espèce est endémique des Petites Antilles, plus rare, plus fragile.
Les iguanes delicatissima de l’îlet Chancel représentent la population la plus au Sud des Antilles.
Plus au nord, on le rencontre également à la Désirade, Petite Terre, la Dominique, Saint-Barthélemy. Il est en phase de disparition des Saintes, de Grande Terre, de Basse-Terre et de St Martin.
Les motifs de cette régression sont multiples : destruction d’habitats, chasse, trafic routier. L’iguane commun, présent également dans toutes les Antilles est plus gros, plus fort, meilleur prédateur et tend à prendre le pas sur l’iguane antillais (« léza » en créole). Il est présent à la Martinique, particulièrement autour du Fort St Louis où il a été introduit par l’homme à partir du petit zoo ou peut-être ramené des Saintes à bord de bateaux de pêcheurs.
Sa prolifération représente une menace pour l’iguana delicatissima , par leur hybridation (reproduction possible des 2 espèces).

Comment les distinguer ?
Même s’il est parfois délicat de les observer de près et dans leur totalité – certains iguanes sont méfiants et se cachent de l’homme, leur corps est dissimulé par branches et feuillages- une caractéristique permet d’identifier à coup sûr l’espèce en présence.
En effet, l’iguane commun possède une grosse écaille sous le tympan qui atteint 2,5 cm de diamètre, d’autant plus grande que l’individu est âgé et prolongée par des écailles de petite taille. De plus, l’iguane commun a la queue barrée de noir.
D’après les différents écrits, il semble que l’iguane des Petites Antilles était déjà présent en abondance à l’arrivée des Européens en Martinique.
L’introduction de la mangouste lui a porté un coup fatal. Aujourd’hui on ne le trouve plus qu’aux abords de l’Anse Couleuvre- où son observation est aléatoire et malaisée- et sur l’îlet Chancel où il est nettement plus facile à étudier.

Pour le compte de la DIREN, de l’ONF, du PNRM,
le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris établit régulièrement des rapports sur les iguanes de l’îlet, leur mode de vie et de reproduction ainsi que leur évolution au sein de ce site.
Il ressort de ces études que l’îlet Chancel regroupe plusieurs types de milieux naturels et de végétation : mangrove, falaises, plages, mornes, savanes et sols nus.
La répartition des iguanes a été observée soit à l’œil nu, soit à l’aide de jumelles. Ils sont concentrés dans les zones arborées, notamment celles où poussent les arbres à feuilles persistantes : mangroves et mornes.
En revanche, ils sont absents des zones ouvertes (sols nus, ancienne piste d’atterrissage) et des zones littorales à poiriers et mancenilliers qui perdent leurs feuilles durant le Carême. Ceci s’explique car l’iguane se nourrit chaque jour et a donc besoin de feuilles qu’il peut consommer régulièrement.
À partir des densités observées, il apparaît que la principale concentration d’iguanes se trouvent Rue Case Nègres et à l’extrémité orientale de l’îlet, qui sont aussi les principaux lieux de ponte des femelles. Selon les estimations établies par le nombre d’individus observés et bagués, la quantité d’œufs et le recoupement des différents témoignages, il y aurait encore près de 300 iguanes sur l’îlet Chancel.
(Article Magazine La Martinique, Fleurs des Caraïbes - V. Esnault)