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Joseph ZOBEL
Joseph ZOBEL

Joseph ZOBEL, l'un des « piliers » de la littérature antillaise, est né à Rivière-Salée, dans le Sud de la Martinique, le 26 avril 1915.
Issu d'une famille très modeste, il est élevé par sa grand-mère Man Tine, ouvrière agricole auquel il rend hommage dans son roman "La rue cases-nègres".

Pour poursuivre ses études, il rejoint sa mère à Fort-de-France et franchit grâce à ses sacrifices toutes les étapes d’un parcours scolaire brillant, jusqu’au baccalauréat.
Un premier emploi au service des Ponts et Chaussées lui permet de vivre dans les villages du Diamant et du Saint-Esprit, puis il entre comme aspirant répétiteur au Lycée Schoelcher (pour devenir maître d’externat).
La Seconde Guerre Mondiale, isolant la Martinique de la France, le conduit à renoncer à ses projets d’études d’architecture en France.
Ses aspirations artistiques débouchent sur l’écriture de quelques nouvelles dans lesquelles il décrit la vie du monde rural martiniquais.

Un ami professeur de gymnastique porte ses textes au journal Le Sportif, feuille de chou habituellement consacrée à la publication des comptes-rendus de rencontres sportives. Les lecteurs du Sportif s’enthousiasment pour ces textes (publiés plus tard dans le recueil Laghia de la mort) qui retranscrivent les réalités martiniquaises.
Parmi ses lecteurs, Aimé CESAIRE, engagé dans l’aventure de la revue Tropiques, encourage Joseph ZOBEL à écrire un roman. Ce sera Diab’-là, l’histoire d’un paysan qui décide de conquérir sa liberté par le travail de la terre, auprès d’une communauté de pêcheurs dont il partage la vie.
Le thème du roman, pas plus que l’auteur, qui fustige l’ordre colonial, ne plaisent guère à la censure, qui « devrait délivrer des autorisations d’impression pour la moindre étiquette de bouteille de liqueur », selon Zobel. Le roman ne sera publié qu’en 1947.

Publié pour la première fois en 1950, son roman La Rue cases-nègres reçoit le Prix des lecteurs, décerné par un jury de 1000 lecteurs de La Gazette des Lecteurs. Le roman connaît un grand succès, renforcé trente ans plus tard quand la réalisatrice Euzhan Palcy en tirera un film du même nom (qui obtient le Lion d’Argent à la Mostra de Venise en 1982).

En 1957, porté par son désir de connaître l’Afrique, Joseph ZOBEL profite de ses nombreuses relations parmi les Sénégalais de Paris (dont Léopold Sédar Senghor) et part au Sénégal dans le cadre des dispositifs mis en place par la loi-cadre.

Le Ministre sénégalais de l’Éducation, Amadou Matar M’bow, le recrute comme directeur du collège de Ziguinchor (actuellement Lycée Djignabo) en Casamance. Il revient quelques mois plus tard sur Dakar comme surveillant général du lycée Van Vollen et devient quelques années plus tard producteur d’émissions éducatives et culturelles à la Radio du Sénégal, dont il crée le service culturel.

Les émissions de Joseph ZOBEL seront écoutées dans toute l’Afrique Occidentale Francophone. Quelques anecdotes de sa vie dakaroise sont relatées dans les recueils Mas Badara (1983) et Et si la mer n’était pas bleue (1982).

Installé en France depuis sa retraite en 1974 près du village d’Anduze (département du Gard), Monsieur ZOBEL poursuit son travail d’écriture dans un paysage qui n’est pas sans rappeler les mornes du Sud de la Martinique. Il pratique en maître l’art floral japonais et le dessin.

En avril 2000, le lycée Thoraille à Rivière-Salée a été rebaptisé le Lycée Joseph ZOBEL, en l’honneur de l’écrivain.

Et le Salon du Livre Insulaire d’Ouessant a décerné son Grand Prix à Joseph ZOBEL pour l’ensemble de son oeuvre, en août 2002.

Joseph ZOBEL est mort le 17 juin 2006 à Alès, dans le Gard.